PROIE


PROIE
. s. f.
Ce que les animaux carnassiers ravissent pour le manger. Le lion se jeta sur sa proie. Le loup emporta sa proie dans le bois. Les vautours vivent de proie. Deux animaux qui se disputent une proie. La plupart des animaux sont la proie les uns des autres. On força ce loup à lâcher sa proie. Suivre sa proie. S'acharner sur sa proie.   Oiseau de proie, Oiseau qui donne la chasse au gibier, et qui s'en nourrit.

PROIE, se dit figurément d'Un butin fait à la guerre, et en général de Toute chose dont on s'empare avec violence, avec une sorte de rapacité, etc. Être ardent à la proie. Partager la proie. Toutes ces richesses furent la proie du vainqueur. Sa fortune devint la proie d'avides héritiers. Plusieurs fois les monuments des arts de l'antiquité devinrent la proie des barbares. Ce royaume, attaqué par plusieurs ennemis, devint la proie du plus fort.   Il se dit aussi, figurément, en parlant Des personnes qui ont beaucoup à souffrir des vices, des passions des autres, ou de leurs propres passions. Être en proie à l'avidité, à la cupidité des usuriers. Il est en proie à la rapacité de ses valets, de ses domestiques. Il est en proie à la calomnie, à la médisance. Une femme inconsidérée devient la proie des médisants. Dénué de tous ses appuis, il demeura, il resta en proie à la vengeance. Il est en proie à ses passions, à sa douleur, à la tristesse. Se livrer en proie à ses passions, à sa douleur. Être la proie de ses passions.   Il se dit aussi en parlant Des choses qui détruisent ou ravagent. Plus de vingt maisons ont été la proie des flammes. Ce pays est en proie à toutes les calamités, aux plus horribles fléaux. La ville était en proie aux horreurs de la famine.

L'Academie francaise. 1835.